Voilà c’est fini (comme dirait l’autre)….
Et voilà, l’aventure prend fin. Qu’est-ce qui va me rester ? C’est encore un peu tôt pour le dire, pour le savoir. Je me souviendrai du vertige qui m’a pris lors de mes premiers pas dans le quartier de TSIM TSA TSUI entre la chaleur étouffante, les milliers de magasins et les milliers de chinois. Je me souviendrai de mes premiers pas quand j’ai compris que jamais OH grand jamais une voiture ne laisserait passer un piéton en dehors du signal qui indique que nous pouvons traverser. Et puis petit à petit j’ai re-découvert cette ville avec toutes ses contradictions entre des chinois qui ne sont pas vraiment chinois parce que un hongkongais ce n’est pas pareil, le fait d’être en Chine mais au milieu de gens sans cesse attirés par le monde occidental et la recherche des profits.
Je me souviendrai du métro : je crois que tous les messages qui m’avertissent de faire attention à la marche, au trou, de rester droite sans marcher dans les escalators vont encore résonner un moment en moi (ou pire encore les panneaux dans les ascenseurs qui indiquent que les boutons sont désinfectés toutes les heures) , les heures de pointe aussi où l’on se sent compressé , la bagarre en montant dans le métro pour avoir une place assise (à ce jeu là j’ai toujours perdu contre les chinois !), mais aussi le soulagement quand après quelques heures de marche, le métro est climatisé ! C’est sûr que je n’oublierai pas ce climat particulier : les quelques mètres que tu parcoures et déjà tu transpires comme si tu avais couru un marathon, l’impression d’être toujours déshydratée (heureusement HK a tout prévu : des petites épiceries à tous les coins de rue qui vendent 24H sur 24 de quoi épancher ta soif). Et puis bien sûr, je garderai les fous rires que j’ai pu avoir quand tranquillement les chinois te sortent un énorme rot comme si de rien n’était.
Cette ville pleine de contradictions, avec sa façade superbe de la baie de HK, et puis derrière des immeubles en mauvais état, les « traders » de Central en costume cravate qui croisent sans problème des petits vieux à a recherche de vieux débris dans les poubelles resteront aussi des souvenirs forts.
Et puis l’approche du monde des expatriés qui reste très spécial : les gens sont là parce qu’en France, ils ne pourraient pas prétendre à ce mode de vie (appartement superbe, restaurants, bonne à domicile…) et qui en même temps ne s’intègrent pas du tout à la vie hongkongaise car aucun ne parle Cantonnais. Ah oui, cette langue va aussi rester longtemps gravée en moi : toutes ces intonations, la façon de parler si fort et si particulière, la façon qu’ils ont de crier dans leurs portables, ou de se cacher la bouche quand ils rigolent.
Et puis il y a la rencontre avec les hongkongais peuple difficile à comprendre et même parfois à supporter : toutes ces filles habillées en Mickey toujours en train de se recoiffer (d’ailleurs je ne sais pas si ça existe en France, mais sur leurs portables, la caméra est placée de telle façon qu’elles peuvent se voir dedans et sans servir de miroir ! Après elles prennent une photo d’elle pour voir si elles sont satisfaites du résultat !), ces garçons avec les sacs Louis VUITTON, tous ces chinois qui restent chez leurs parents jusqu’à 35 ans juste pour gagner un peu plus d’argent, ces chinois qui ne s’intéressent pas au monde qui les entoure, ces chinois qui jamais ne se rebellent contre quoique ce soit, ces chinois assistés, ces chinois qui regardent la télé où le gouvernement leur dit de se laver les mains 3 fois par jour, ces chinois qui ne font pas de musique , pas de concerts, ces chinois qui ne boivent pas de bière, ces chinois qui font du shopping nuit et jour, nos voisins chinois qui ne disent pas bonjour quand on les croise dans l’ascenseur… Mais il me restera aussi un immense sourire édentée d’une vieille dame à qui j’ai laissé ma place dans le métro, une autre petite dame qui le soir va nourrir les chats du quartier, notre gardien d’immeuble qui tous les jours m’adressait un « good morning » et m’ouvrait à la porte à chaque fois que je sortais, ces chinois qui apprennent le français.
Et puis il me restera encore d’autres contrastes : une ville qui se veut moderne et où il suffit de prendre un bus pour se retrouver au milieu de la jungle, de découvrir des îles (enfin là il vaut mieux prendre le ferry !!) tranquilles sans bruit, avec des gens accueillants. Il me restera mes promenades au PEAK reposantes avec une vue impressionnante sur HK. Il me restera aussi toutes ces odeurs particulières de leur cuisine : oui je confirme ce que vous mangez dans les restaurants chinois en France n’a rien à voir avec ici : les nems sont remplacées par des pieds de poulets frits ! HK a une odeur qu’on ne retrouve nulle part ailleurs : la ville est envahie de petits bouis-bouis où il est possible de manger de tout et n’importe quoi.
Et puis, il y a la promenade de TSIM TSA TSUI où lorsque la baie de HK s’illumine, tout devient magique et facile.
Je crois aussi que je me souviendrai longtemps de nos soirées : la Coupe du Monde était un moment particulier tous portés par une seule envie de voir la France gagner, des vendredis soirs avec les collègues de Pierre qui pouvaient parfois se terminer en longs débats entre ma vision de HK et la leur, les petits concerts au jus de fruit, les grandes discussions avec nos copains de SHENZEN, sans oublier évidemment le mémorable 14 juillet avec juste des flonflons (et surtout Clo-Clo et ses Claudettes en chair et en os !) et pas d’artifice !
Je me souviendrai aussi de tous ces petits marchés où l’on peut trouver tout et n’importe quoi. Je me souviendrai aussi de la présence des étrangers ici : entre les Indiens qui vous proposent à chaque coin de rue des faux sacs ou fausses montres mais dont on apprécie leur présence pour leurs restaurants (au moins une fois par semaine et toujours aussi difficile le lendemain pour le ventre !), les Noirs qui mettent un peu d’exotisme aux CHUNGINKS MANSIONS et qui sont là pour le business (je vous le dit tout de suite, les petites statuettes africaines vendues un peu partout dans les villes sont chinoises à 100% !!!).
Je me souviendrai que cette ville m’a permis de voir les choses sous un autre angle : savoir partir pour revenir autre, changée, grandie, connaître ses priorités. Et puis bien sûr, je ne peux oublier les fous rires avec Pierre quand nous pouvions nous moquer des chinois (ils comprennent rien !!!), nos vues partagées, nos promenades, nos restaurants, notre ras le bol parfois surtout le matin réveillés par les marteaux piqueurs (depuis que nous sommes arrivés le quartier s’est transformé en chantier permanent ! ), mes cris devant la présence des cafards, nos escapades en Chine ou vers une autre Asie, , nos dimanches soirs devant un bon DVD français piqué à nos copains de SHENZEN, notre lien avec la France avec webcam et micro, nos fantasmes sur une bonne côte de bœuf, notre découverte des Nouveaux Territoires et des singes hongkongais, nos moments de tendresse…
Il me restera aussi les visites des copains et de la famille à qui j’ai aimé faire découvrir toutes les facettes de cette ville. Il me restera aussi mes petites virées au magasin ESPRIT OUTLET où j’ai pu refaire ma garde robe au moindre prix. Et puis aussi, les rires de vendeuses Chinoises au PARK AND SHOP qui ne comprenait absolument pas pourquoi je mettais mes courses dans un sac à dos. Et puis encore mes séances de gym devant toutes les séries télés. Il me restera aussi la déception quant au monde du travail ici pas fait pour moi, les questionnements quant au fait de savoir que peut signifier de rester ou de partir…
HONG KONG n’est pas une ville facile, je ne pense pas qu’elle serait classée dans les villes où il fait bon vivre, les chinois sont un peuple difficile, mais de vivre une expérience loin de chez soi, de ses valeurs, de ses repères permet beaucoup de choses.
Je suis émue de dire au revoir à tout ça, mais c’est sûr je reviendrai !
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